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| Histoire du JURA Alsacien
(...suite) |
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Les Habsbourg (1324-1648)
Le
grand-père Rodolphe I et le père Albert I du mari de Jeanne
de Ferrette avaient été élus empereurs; le frère
aîné d'Albert II, Frédéric le Beau, avait manqué
l'élection d'une voix.
A sa mort, Albert II, dit le Sage, hérita de l'ensemble des possessions
et se fit proclamé archiduc. La couronne impériale ne reviendra
dans la famille qu'environ un siècle plus tard avec Frédéric
III.
Jusqu'en 1648, le Comté de Ferrette, possession personnelle des Habsbourg
comme on l'a vu, faisait partie des pays antérieurs (Vorländer)
de l'Empire, c'est-à-dire des terres situées à l'ouest
des Alpes. Des possessions qui comprenaient pour une grande part l'Alsace,
la Lorraine, la Franche-Comté, la Bourgogne mais aussi le pays de
Bade. Un ensemble gouverné plus ou moins directement par l'un ou
l'autre des frères, belles-surs, cousins, neveux (etc.) de
l'Empereur depuis l'Hôtel de la Régence d'Ensisheim (au sud
de Colmar).
Attaqués à la fois par les Ottomans, à l'Est, et par
les princes protestants, dont le Roi de Suède, sur le Rhin Supérieur,
avec en sous mains les encouragements sinon les finances de Richelieu puis
de Mazarin, les Habsbourg sont contraints lors du Traité de Westphalie
(1648) d'abandonner leurs possessions personnelles en Alsace au Roi de France.
C'est
ainsi que le Comté de Ferrette et donc le Jura Alsacien deviennent
français dès 1648, avant Strasbourg et le reste de l'Alsace
et bien avant la Lorraine et la Franche-Comté voisines, sans parler
de la ville de Mulhouse restée République indépendante
alliée à la Confédération suisse jusqu'en 1798
!
Si la domination Habsbourg, qui dura plus de trois siècles, s'est
achevée dans les affres des destructions et massacres de la Guerre
de Trente Ans, le XVème et le XVIème siècles sont considérés
comme l'âge d'or de la région du Rhin Supérieur, dont
témoignent de très nombreux monuments comme l'Hôtel
de Ville de Ferrette ou l'Hôtel de la Régence à Ensisheim,
mais aussi les riches villes de Colmar, Fribourg-en-Brisgau (Allemagne),
Riquewihr, Rouffach ou Turkheim dans le vignoble alsacien...
Mazarin
et les Grimaldi (1648-1789)
A
l'issue de la Guerre de Trente Ans, le Sundgau
(Sud de l'Alsace) et donc le Jura Alsacien sont exsangues, vidés
de leur population à 85%, morte de famine, d'épidémie
et de massacres. Des villages entiers sont rayés de la carte, tel
Hüttingue près de Oltingue et bien d'autres.
Malgré la revendication d'un noble italien, le Comte Ferretti dont
la famille prétend descendre des Comtes de Ferrette depuis le XIIIème
siècle (peut-être de Louis le parricide mort officiellement
en Italie en 1335), le Roi Louis XIV offre en 1656 le Comté de
Ferrette au Cardinal Mazarin.
En gestionnaire avisé, le Cardinal -1er ministre- s'emploie à
repeupler ses nouvelles possessions en invitant les populations de Suisse
et du Vorarlberg en Autriche à "coloniser" les terres
laissées à l'abandon. Une seule condition pour être
admis : être catholique. Pas question d'exiger de parler français.
A la mort du Cardinal Mazarin, le Comté revient au mari de sa nièce
Hortense, le Duc de Mazarin, puis à leurs héritiers qui
en tirent des revenus substantiels tout en vendant morceau par morceau
le patrimoine.
Cette
politique est poursuivie par les Grimaldi de Monaco, dont le prince Honoré
IV de Grimaldi, Prince de Monaco, avait épousé la Duchesse
Louise Félicité Victoire, héritière des Mazarin.
A la veille de la grande Révolution, les Princes de Monaco avaient
vendu l'ensemble de leurs possessions en Alsace, tout en conservant légitimement
jusqu'à nos jours le titre de Comte de Ferrette.
De
la Révolution à la Libération
Ce que la Guerre de Trente Ans a commencé, la Révolution
l'achève : le Château de Ferrette, l'Abbaye de Lucelle et
bien d'autres lieux chargés d'Histoire sont ruinés.
Sous le 1er Empire, Napoléon réunit le Jura Alsacien et
le Jura Suisse (Porrentruy et la principauté des évêques
de Bâle) dans le cadre du département du Haut-Rhin, avant
que le Congrès de Vienne, en 1815, n'offre la partie suisse à
l'oligarchie bernoise pour services rendus à l'Alliance contre
Napoléon.
Ce n'est qu'en 1978 qu'une partie du Jura Suisse retrouve sa souveraineté
par l'avènement de la République et Canton du Jura, 23ème
Canton de la Confédération Helvétique.
En 1870, nouvelle déchirure : non seulement le Jura Alsacien (avec
la partie germanophone de l'Alsace et de la Lorraine) est incorporé
d'office au 1er Reich allemand et donc séparé de la France,
mais il se trouve également séparé de l'arrondissement
haut-rhinois voisin de Belfort qui reste français sous la domination
du Territoire de Belfort.
Dès le début de la guerre 1914-1918, le Jura Alsacien est
en première ligne mais ne se voit libéré qu'en 1918...
pour être à nouveau incorporé au 2ème Reich
de Hitler après la défaite de 1940, malgré l'impressionnante
Ligne Maginot dont il reste bon nombre de casemates.
Le
retour de l'âge d'or ?
Après
5 ans d'occupation nazie, l'Alsace a retrouvé en 1945 la paix et
la liberté.
Avec la construction européenne et la réconciliation franco-allemande,
de région marginale, de glacis militaire entre 1918 et 1939, la
province devient une région charnière de l'Europe, un trait
d'union entre deux rivaux séculaires qu'étaient la Francie
et la Germanie, puis la France et l'Allemagne.
L'ouverture des frontières avec l'Allemagne et la Suisse fait le
reste : l'Alsace, et particulièrement le Jura Alsacien, trouvent
la prospérité dans le cadre du Rhin Supérieur et
de la RegioTriRhena, tout en sachant préserver sa nature, sa culture
et sa personnalité.
Un retour de l'âge d'or ?
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